Alors que les conflits d’intérêts et soupçons de conflits d’intérêts, qu’ils soient justifiés ou non, altèrent gravement le contrat de confiance entre les citoyens et les titulaires de charge publique, TI France recommande de combiner l’adoption, par la loi, de nouvelles obligations et sanctions et la mise en place de règles déontologiques renforcées.
1/Adoption d’un nouveau dispositif législatif L’adoption d’une loi devrait en premier lieu permettre de définir, pour tous les titulaires d’une charge publique, la notion de conflit d’intérêts. TI France propose de reprendre la définition donnée par le Conseil de l’Europe qui lui semble la plus complète et la plus précise. Trois obligations, applicables aux élus, membres du gouvernement et fonctionnaires d’autorité, devraient en second lieu être inscrites dans la loi :
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Obligation d’établir une déclaration préalable d’intérêts, mise à jour annuellement et rendue publique, qui indiquerait l’ensemble des fonctions et mandats, rémunérés ou non, occupés actuellement ou au cours des dix années écoulées, les revenus et avantages en nature tirés de ces activités ainsi que les activités des conjoints ;
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Obligation de déclarer tout risque de conflit d’intérêts avant toute délibération ou décision sur un sujet pour lequel l’intéressé a – ou semble avoir – des intérêts personnels ;
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Obligation de s’abstenir de participer à la délibération et à la décision.
Des sanctions pénales suffisamment dissuasives devraient être instaurées en cas non respect de ces obligations.
2/ Mise en place de codes de déontologie et de déontologuesTI France suggère d’instituer parallèlement un code de déontologie et une fonction de déontologue pour chaque catégorie d’acteurs publics (membres du gouvernement, parlementaires, élus locaux, fonctionnaires) explicitant les règles et bonnes pratiques. Un déontologue, qui soit un sage indépendant (par exemple, un ancien magistrat), devrait pouvoir être saisi par les intéressés et donner des conseils et avis sur la mise en œuvre des règles.
3/ Renforcement des instances de contrôlePour les ministres et les élus nationaux et locaux,
la Commission pour la transparence financière de la vie politique, qui serait dotée de moyens d’investigation, de contrôle et de sanction renforcés, serait chargée de recueillir les déclarations d’intérêts et de contrôler l’application effective des règles énoncées ci-dessus. Elle pourrait saisir la justice en cas de manquement et établirait un rapport annuel rendu public.
Pour les fonctionnaires, y compris les membres de cabinets ministériels, c’est à la
Commission de déontologie de la fonction publique, dotée elle-aussi de moyens d’action renforcés, qu’il reviendrait de vérifier la bonne application des règles, de saisir, si nécessaire, la justice et de rendre compte publiquement de son activité dans son rapport annuel.
Télécharger le rapport "Prévenir les conflits d’intérêts dans la vie publique" - Décembre 2010Télécharger le résumé exécutif du rapport - Décembre 2010Télécharger le tableau de comparaison entre pays des règles de prévention des conflits d’intérêts
Travaux de la Commission de réflexion sur les conflits d'intérêts
Télécharger les réponses de TI France à la Commission de réflexion sur les conflits d'intérêts - 26 octobre 2010Autres ressources
Communiqué du 4 octobre 2011 sur le projet de loi relatif au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament