Dépêche : 1021

12/05/2008

Siemens: l'ancien patron évite le procès, mais l'affaire continue

La justice allemande a renoncé à mettre en examen Heinrich von Pierer, ex-patron du groupe Siemens touché par un vaste scandale de corruption, mais l'affaire, qui fait des remous depuis plus d'un an, est encore loin d'être terminée.

Le parquet de Munich a estimé qu'il n'avait "pas assez d'éléments" pour une mise en examen et va se contenter de poursuites pour manquement par M. von Pierer à son devoir de contrôle.

Celui-ci, qui a dirigé le groupe pendant 13 ans avant de passer deux ans à la tête du conseil de surveillance de 2005 à 2007, risque ainsi une amende, d'un montant maximal d'un million d'euros, mais il n'y aura ni procès, ni prison.

La procédure est celle utilisée dans le cas d'infractions au code de la route, par exemple.

La décision du parquet implique que, comme il le clame à l'envi depuis que le scandale a éclaté, M. von Pierer n'a jamais rien su des pratiques de caisses noires et de pots de vin qui semblaient pourtant monnaie courante au sein du groupe pour lui assurer des contrats, et ce dans toutes ses divisions.

C'est du moins la conclusion a laquelle sont arrivés les enquêteurs mandatés par Siemens pour faire la lumière dans cette affaire, et qui ont trouvé "dans presque toutes les activités étudiées et dans de nombreux pays des indices de violation des règles anti-corruption", selon leur rapport dont les conclusions ont été publiées le mois dernier.

Des accusations qui rappellent les faits reprochés depuis cette semaine par la justice suisse au groupe français Alstom, concurrent de Siemens, soupçonné de corruption dans le cadre de l'acquisition de commandes d'infrastructures en Amérique du Sud et en Asie.

En justice, outre les enquêtes en cours contre les autres divisions que Com, les anciens dirigeants, y compris M. von Pierer, ont encore à craindre des poursuites au civil de la part de la société elle-même.

Le conseil de surveillance de Siemens envisagerait ainsi de se retourner contre son ancien chef, rapportait vendredi le quotidien économique Handelsblatt.Aux Etats-Unis enfin, où l'action Siemens est cotée, c'est le gendarme boursier SEC qui pourrait sévir.

Le groupe redoute de son propre aveu une sanction financière "conséquente".

(© Secure Finance)

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