Dépêche : Angolagate

17/10/2008

Les banquiers de l’Angolagate devant le tribunal

"Quand on est banquier, il faut savoir avoir des oeillères" : cette petite phrase a échappé mardi 14 octobre à un ancien responsable de Paribas, la banque qui a financé le vaste commerce d'armes de guerre vers l'Angola, jugé par le tribunal correctionnel de Paris.

Jean-Didier Maille, ancien responsable en ingénierie financière, chargé du montage des opérations, expliquait ainsi aux juges de l'Angolagate comment sa banque, alors pas encore mariée à la BNP, avait permis à l'Angola de payer, de 1993 à 1998, pour quelque 790 M USD de chars d'assaut, munitions, obus ou lance-roquettes. C'est Pierre Falcone qui revendique la paternité du montage.

Avec Paribas, qui n'est pas prévenue dans l'affaire, Falcone met en place un système qui permet à l'Angola, pays en guerre à la maigre solvabilité, de gager ses emprunts sur ses ventes à venir de pétrole. Au total, ces "préfinancements" représenteront 760 millions de dollars.

Dans sa lettre à Paribas, l'Angola parle de financer "des restructurations, des produits alimentaires et des infrastructures", dit Jean-Didier Maille. Pas question d'armes donc. D'ailleurs, le banquier assure n'avoir jamais eu connaissance du contrat de fourniture d'armement entre l'Angola et ZTS Osos, société slovaque de Pierre Falcone et de son associé Arcadi Gaydamak.

Pour l'accusation, les banquiers de Paribas ont fermé les yeux sur le commerce d'armes qu'ils ne pouvaient ignorer, puisque jusqu'à la presse s'en faisait déjà l'écho. Pour calmer leur curiosité, ils auraient en fait touché des "commissions occultes", raison pour laquelle M. Maille figure parmi les 42 prévenus.

(© Secure Finance)

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