Dépêche : Corruption en Russie
02/07/2009
Les problèmes de corruption dissuadent les étrangers d'investir en Russie
Malgré l'engagement du Président russe de lutter contre la corruption et l'instrumentalisation de la justice et de l'administration par des intérêts privés, la corruption, les tracasseries administratives et les manipulations judiciaires repoussent de plus en plus d'investisseurs.
En effet, après l'opérateur norvégien de téléphone Télénor, c'est au tour d'ikea de geler tous ses projets en Russie. Le groupe suédois est un symbole de l'ouverture de l'économie russe puisqu'il est un des premiers distributeurs à avoir misé sur le pays. Cependant, en réponse à son refus de verser des dessous-de-table, Ikea s'est vu surfacturer pour 189 M USD d'électricité, selon le fondateur du groupe.
De plus, le géant suédois, qui attendait depuis plusieurs mois de pouvoir ouvrir son centre commercial de Samara parce que les autorités exigeaient qu'il soit capable de résister aux cyclones (impensables dans la région de Volga), aurait menacé, au printemps, de suspendre ses investissements.
Le Conseil de l'Europe a publié un rapport inquiétant sur les poursuites judiciaires motivées politiquement en Russie au moment où Ikea a décidé de geler ses projets. Sont citées dans ce rapport les affaires Ioukos et les persécutions contre l'entreprise Hermitage Fund qui aurait été attaquée par des groupes mafieux.
Cette dernière était présidée par William Bowder, un des premiers hommes d'affaires étrangers à avoir misé sur la Russie mais qui fût interdit de séjour à partir de 2005, pour « menace sur la sécurité nationale ». En effet, son erreur fût d'avoir critiqué l'opacité des comptes de Gazprom dont il était un petit actionnaire.
Dans la presse Russe, le 29 juin, il soulignait que le rapport du Conseil de l'Europe « officialise ce que tant d'entre nous savent depuis longtemps ; le système judiciaire russe est en lambeaux. »
(© Secure Finance)