Crise financière et paradis fiscaux : peut-on croire à la fin des trous noirs de la finance mondiale ?

TI France a organisé le 23 avril à Paris une conférence-débat sur les paradis fiscaux, question centrale dans le débat actuel sur la résolution de la crise financière internationale.

Dès le début de cette crise en effet, de nombreux acteurs, au premier rang desquels les ONG de la plateforme « Paradis fiscaux et judiciaires » (PFJ), ont mis en avant le rôle joué par les paradis fiscaux, trous noirs de la finance mondiale, comme accélérateurs de la crise. Les PFJ constituent aujourd’hui une menace systémique pour le système financier : ils favorisent le recyclage de l’argent des activités criminelles et une évasion fiscale massive qui frappe en particulier les pays en développement.

L’idée qu’aucune reconstruction crédible du système financier international ne peut avoir lieu sans que soit traitée la question des centres financiers non coopératifs est désormais largement admise. Les moyens pour mettre fin aux abus des centres offshores font cependant encore largement débat. La conférence, en offrant trois regards sur la question, a permis de faire le point sur les dernières initiatives de la communauté internationale en la matière ainsi que sur les perspectives d'évolution.

Pascal Saint-Amans, Chef de la Division chargée de la coopération internationale et de la compétition fiscale à l’OCDE, est revenu sur les différentes étapes qui ont présidé à l'élaboration des listes de l'OCDE. Selon lui, les principaux paradis fiscaux montrent aujourd'hui une réelle volonté d'évoluer et sont à l'origine d'une dynamique positive en entrainant dans leur sillage la plupart des centres financiers non coopératifs.

Jean Merckaert, Chargé du programme " Financement du développement " au CCFD-Terre Solidaire et coordonnateur de la plateforme « Paradis fiscaux et judiciaires » a pour sa part exprimé ses réserves quant aux conclusions du G20 et a rappelé les attentes de la société civile. Soulignant la nécessité de surveiller étroitement l'application effective des engagements, il a appelé à ce que soit également abordée la question des utilisateurs des centres offshore devant eux aussi faire l'objet de sanctions.

Enfin, Daniel Lebègue, Président de TI France, a salué l'avancée historique représentée par les conclusions du G20 du 2 avril tout en insistant sur la nécessité de veiller au respect des engagements pris. Rappelant le risque réel d'un enlisement dans la mise en oeuvre des engagements, Daniel Lebègue a mis en avant trois points pouvant contrer ce risque. L'opinion publique est aujourd'hui bien informée sur ce sujet et les Etats sont déterminés à mettre fin à la fraude fiscale qui représente pour eux un enjeu budgétaire crucial. Enfin et surtout, la bataille psychologique est gagnée : plus personne ne peut aujourd'hui raisonnablement croire que les paradis fiscaux pourront persévérer dans leur refus de coopérer.

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