Indice de Perception de la Corruption 2009 : l'image de la France reste inchangée
Comme en 2008, la France obtient un score de 6,9, arrivant ainsi au 24ème rang de l'Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009, publié le 17 novembre par TI. La France continue ainsi à véhiculer une image relativement dégradée de ses institutions publiques.
Principales conclusions de l'IPC 2009, la corruption risque de menacer la reprise économique mondiale. Les populations des pays en guerre restent par ailleurs les premières victimes de la corruption.
L'IPC évalue la perception, par les milieux d'affaires internationaux, du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique de 180 pays.


Résultats 2009
La grande majorité des pays évalués dans l’indice 2009 obtient une note inférieure à cinq sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).
Les États fragiles et instables, souvent marqués par la guerre, demeurent en bas du classement. La Somalie obtient ainsi un score de 1,1, l’Afghanistan de 1,3, le Myanmar de 1,4 et le Soudan, comme l’Irak, de 1,5.
Cependant, même les pays industrialisés ne doivent pas être trop confiants : l’offre de corruption et l’utilisation de pots-de-vin sont souvent le fait d’entreprises basées dans ces pays. Certaines juridictions, liées à de nombreux pays en tête du classement, disposent d’un secret financier qui affaiblit grandement les efforts menés pour lutter contre la corruption et permettre le recouvrement des avoirs volés.
Afin d'assurer un développement économique durable, il est indispensable de développer, à l’échelle mondiale et nationale, des institutions de contrôle et des réglementations plus efficaces. Il en résultera un accroissement de la confiance envers les institutions publiques, une croissance économique plus soutenue et une aide au développement plus efficace. Plus important encore, l’échelle élevée des souffrances humaines endurées dans les pays les moins performants de l'IPC en sera considérablement réduite.
Perception inchangée de la corruption en France
Avec un score identique à celui de 2008, la perception de la corruption touchant la classe politique et l'administration publique françaises n'a pas évolué.
A l’instar de certains de ses voisins européens comme la Belgique (21ème rang), l’Espagne (32ème) et l’Italie (63ème rang), pays secoués par des affaires de corruption ayant éclaboussé la sphère politique, l’actualité en France a été émaillée par plusieurs affaires. Deux procès retentissants – Angolagate, affaire Clearstream – ont impliqué des personnes au plus haut niveau de l’Etat. Cette année a également été marquée par les enquêtes visant Jacques Chirac, qui ont conduit à son renvoi, en octobre 2009, devant le tribunal correctionnel.
Enfin, plusieurs annonces de réforme dans le domaine de la justice ne laissent pas d’inquiéter à l’étranger sur la volonté française de faire la lumière sur les dossiers politico-financiers de grande ampleur. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans une résolution adoptée le 30 septembre 2009, a ainsi appelé la France à « revoir le projet de suppression des juges d’instruction » afin « d’éviter (de donner) l'impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire. »
IPC 2009 et documents connexes