La restitution des avoirs détournés, une priorité de Transparency International Avec cette action, TI France entend faire progresser la question de la restitution des avoirs détournés qui est l’une des priorités de Transparency International qui a beaucoup œuvré pour que ce principe figure dans la convention des Nations unies contre la corruption (convention dite de Mérida, 2003).
Par ailleurs, c'est la première fois qu'une plainte d’une association de lutte contre la corruption, dénonçant des faits portant atteinte de façon directe aux intérêts qu’elle défend, est jugée recevable. Il s'agit donc d'une avancée considérable pour la progression de l’action collective des victimes de la corruption, un sujet sur lequel TI France est fortement engagée.
Un patrimoine considérableDepuis plusieurs années, différents observateurs ont recueilli des d’informations faisant état du fait que les dirigeants visés par la plainte ou certains membres de leur famille avaient, alors qu’ils étaient en fonction ou postérieurement, acquis ou fait acquérir des biens immobiliers et mobiliers sur le territoire français.
Personne ne peut croire sérieusement que ces biens immobiliers, dont la valeur est aujourd’hui pour certains d’entre eux de plusieurs millions d’euros, ont pu être acquis par le seul fruit des rémunérations de ces dirigeants. Il existe pour certains d’entre eux de très sérieuses présomptions d’être ou d’avoir été les instigateurs de détournements de biens publics pour des montants considérables. Cette observation est encore plus valable s’agissant des membres de la famille de ces dirigeants africains, lorsqu’ils apparaissent comme propriétaires d’un certain nombre de biens puisque, dans bien des cas, ils sont sans profession ou leur profession est ignorée.
L’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction devraient permettre de déterminer comment ce patrimoine a été acquis et les comptes bancaires alimentés. Il s'agira également de faire toute la lumière sur le rôle joué par les divers intermédiaires qui auraient pu faciliter la réalisation des opérations litigieuses.
Importance d'une justice indépendanteEnfin, la décision de Mme la Doyenne des juges d’instruction est une nouvelle illustration de la nécessité qu’il existe en France un magistrat exerçant en toute indépendance d’esprit ses responsabilités dans le déclenchement des poursuites et la conduite de l’enquête. Cela est particulièrement vrai pour les dossiers politico-financiers tels que celui des « Biens mal acquis ».