G8

G8 : encore trop peu d'actions au regard des promesses
Depuis le sommet de Kananaskis en 2002, les Etats membres du G8 (Groupe des Etats les plus industrialisés) ont pris de nombreux engagements dans le domaine de la lutte contre la corruption. Les sections de Transparency International situées dans ces pays (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) conduisent en commun des actions d’évaluation et de plaidoyer dans le but d’obtenir la mise en œuvre effective de ces engagements. Un premier rapport de progrès a été publié en 2007. Il est amené à être reconduit d’année en année.
Ces actions de plaidoyer revêtent une importance particulière, tant l’influence du G8 demeure forte dans la régulation mondiale. Ce constat est notamment fait dans le domaine de la régulation financière internationale et de la lutte contre le blanchiment et les abus des paradis fiscaux et judiciaires. La majorité des grandes places financières se trouvent en effet localisées dans des Etats membres du G8.

Lettre aux dirigeants du G8
07/05/2008
Dans une lettre adressée aux dirigeants du G8, les sections nationales de TI des 8 pays concernés et de 13 pays africains soulignent que, pour qu’il soit crédible en matière de lutte contre la corruption, le G8 doit faire correspondre ses actes à ses engagements et rendre compte des actions mises en œuvre.
Cette initiative accompagne la publication prochaine par TI d’un deuxième rapport de progrès visant justement à évaluer le respect des promesses faites.
Quatre axes de progrès sont mis en avant :
- Lutter efficacement contre la corruption d’agents publics étrangers : l’action du G8 en faveur de la bonne gouvernance ne sera réellement crédible que lorsque tous ses membres sanctionneront effectivement les entreprises coupables de corruption active à l’étranger.
- Cesser d’accueillir les avoirs illicites et participer au processus de restitution à travers des procédures sûres et transparentes : le G8 abrite les principaux centres financiers, il ne tient dès lors qu’à lui de limiter les possibilités offertes aux dirigeants corrompus de placer les fonds détournés.
- Renforcer la bonne gouvernance : le G8 doit assister les pays en développement dans la mise en oeuvre de la Convention des Nations Unies Contre la Corruption (CNUCC). La création d’un véritable mécanisme de suivi est vivement recommandée alors que trois des membres du G8 – l’Allemagne, le Japon et l’Italie – n’ont toujours pas ratifié la convention.
- Mettre les ressources au service du développement : TI salue le soutien du G8 à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE). Cette initiative doit cependant être étendue à d’autres secteurs que ceux du pétrole, du gaz et des minerais et son suivi par la société civile facilité par une assistance technique et financière.
Rapport de progrès de Transparency International portant sur l’action du G8 en matière de lutte contre la corruption (juillet 2007) – Rapport uniquement disponible en Anglais
06/07/2007
Ce premier rapport de progrès démontre que la rhétorique du G8 depuis 2002 en matière de lutte contre la corruption est aujourd’hui encore loin d’avoir été traduite en actes. Le rapport de progrès fait le point sur les actions réalisées et manquantes dans des différents domaines : mise en œuvre des conventions internationales, procédures anti-corruption des agences de crédits à l’exportation, transparence des industries extractives et du système financier international.